blason Carole Dekeijser Artiste-Peintre et Philosophe

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L'amour

Deux types d’humains y parviennent sans peine. D’une part, ceux qui « « de facto » par leur éducation et leur développement, ont acquis un niveau de conscience suffisant pour écouter simultanément leur intuition et leur raison ; d’autre part, ceux qui, faute de ces débuts idylliques, sont plongés dans la confusion. Parmi ces derniers, certains en sortent, d’autres s’y abandonnent. Malgré eux, ils se détachent d’une animalité qui leur serait bien utile.

En effet à l’encontre des animaux, ils sont loin d’écouter leurs pulsions ; ils les subissent et ne les décodent pas.  


Ils développent même une sorte d’aversion à l’égard de toute réflexion qui leur permettrait de les décoder, surtout lorsque celle-ci s’applique à l’amour. Privé de celui-ci dans leur prime enfance, ils se sont gavés d’histoires qui finiraient bien ou mal selon leurs tendances. Ils ont alors enclenché inconsciemment la sécrétion d’hormones liées au bien-être, qui, en l’occurrence, ne leur avait pas été prodigué. En perpétuelle quête de cet amour légitimement nécessaire à leur épanouissement, ils rêvent d’inconditionnel et de merveilleux. La raison là-dedans fait tache. Si leur instinct, par chance, leur est encore accessible, leurs choix amoureux ne devraient pas poser problème. Si ce n’est plus le cas, ils foncent tête baissée dans les « emmerdements » en se donnant corps et âme au premier généreux donateur « d’affection ». La recherche inconsciente de la sécrétion d’hormones apaisantes est telle qu’ils s’aveuglent, quitte à masquer « l’heureux élu » de l’image à laquelle ils auraient tant aimé le voir correspondre. Lorsque cet emplâtre tombe, ils semblent déçus.


Loin de moi l’idée de faire leur procès. Au contraire ! Ce qui me touche en eux, est ce qui sous-tend leur erreur. Qu’ils en souffrent m’afflige, essentiellement à l’échelle du décalage, dans leur cheminement vers un humanisme qui s’en trouve retardé. Leur déception en quelque sorte, injustifiée mais réelle, les mène alors à se venger, non pas de leur bévue, mais de la vie. Inconscients de leur propre capacité à changer les choses, ils s’obstinent sur une voie sans issue, soit en s’agrippant à la situation, soit en la quittant pour recommencer indéfiniment la même erreur. Considérant la vie comme une loterie, ils espèrent tirer un jour le gros lot, en l’occurrence l’âme sœur. Puisse-t-elle les reconnaître dans ce qu’ils ont encore de touchant, caché derrière les décombres de leurs blessures d’enfance. Reste alors à espérer qu’ils aient les réactions qui leur permettent de conserver ce cadeau de la vie.  
C’est là que le bât blesse. C’est là que le titre de ce texte et son introduction animalière prennent tout leur sens.


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