blason Carole Dekeijser Artiste-Peintre et Philosophe

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Changements et injustices

Revenons un moment à ce masque dont certains affublent la personne qu’ils prétendent aimer, ce afin de pouvoir l’aimer. Personne ne devrait jamais supporter d’être pris pour un autre, même si dans l’immédiat, il lui semble y avoir tout à gagner. Cela équivaut à construire sa vie sur un énorme quiproquo. Il est donc normal que, tôt ou tard, cet individu se sente humilié, et revendique la reconnaissance de sa personnalité, même si celle-ci est en apparence moins valorisante aux yeux de la personne qui prétend vivre avec lui. Quitte à se faire détester, il fera tout pour qu’on le reconnaisse pour ce qu’il est.  La valeur de ce qu’il est, reste en réalité secondaire à ses yeux  par rapport au besoin qui touche tout être qui se respecte d’être aimé pour ce qu’il incarne. Ce n’est que sur cette base que l’on peut opérer une amélioration quelconque et devenir Le prince de sa dame.


Nous y voilà enfin !


L’homme ne se fait pas tout seul. La femme non plus. Tous deux en sont capables, mais rares sont ceux qui y arrivent.
Depuis que l’homme s’est évertué à étouffer la femme, celle-ci s’est battue pour l’égalité des sexes, pour leurs droits les plus légitimes, absents dans les prémices des droits de l’homme. De siècle en siècle, les choses se sont améliorées. L’homme a gagné des droits. Moins opprimé par un patron esclavagiste, il ne ressent plus  le besoin d’écraser sa compagne.  Mais les lois restent. Le salaire de la femme, à travail égal, demeure inférieur à celui de l’homme en compagnie d’une multitude de détails humiliants et réducteurs. De revendications en exigences, nos mères ont gagné un statut, dont seulement certaines d’entre nous bénéficient actuellement. Une classe privilégiée non pas socialement mais mentalement.

Pourquoi cette autre forme d’injustice ?
La raison s’avère complexe et simple à la fois. Certains hommes ont compris l’énorme avantage de laisser la femme s’épanouir. Elle sont naturellement plus productives et créatives, dès l’instant où l’on reconnaît leurs qualités, soit par un merci soit par une récompense. Bien souvent, de nature généreuse, elle se passent de cette dernière.

Si en fin de compte rien ne changeait, parce que le but final s’en tiendrait à la productivité plus qu’à l’épanouissement, cette démarche contiendrait sa propre dynamique de changement. Le pied enfin à l’étrier de la mutation, d’autres hommes se mirent à aimer, et à soutenir les femmes qui réussirent à profiter de cette évolution. Ce nouveau type de couple ne pouvait qu’améliorer son avenir. Leur exemple de réussite morale entraîna inévitablement une possibilité de comparaison pour ceux qui ne purent leur emboîter le pas. La déplorable stagnation de ces derniers, liée le plus souvent à leur traumatisme d’enfance, ne fit qu’augmenter le sentiment d’injustice. Cette tendance était liée jadis qu’à la notion de classe sociale. Or, peu à peu, elle s’étend à quelque chose de plus subtil et de plus intime. L’injustice s’attaque à leur capacité de se faire aimer par l’être doué pour les révéler à eux-même. Plus que la souligner, ceci vient s’ajouter à l’injustice de leur naissance, dans un contexte peu propice à l’épanouissement.

La colère, inconsciente ou non, peut alors grandir en eux. Colère légitime, mais lourde à porter, parce que simultanément naît et naissait le plus terrible des sentiments : la culpabilité.


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