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L’érotisme

(Erotikos : qui concerne l’amour)

Etant de nature curieuse, j’aime explorer une multitude d’univers. Mon métier d’illustratrice scientifique m’a ouvert des mondes étranges et insoupçonnés. Je les survole et en confie le stockage à mon cerveau. Il est là pour ça. Toutes images ou textes lus sont, comme chez tout le monde (hors pathologies), engrangés dans des mémoires analogiques et cognitives. On s’imagine parfois en avoir perdu les traces faute de les utiliser. C’est encore une sous-estimation des fonctions qui se passent de nous tout en nous subissant.
Un de ces nombreux sujets oubliés ou abordés distraitement se représentent et suscitent leur lot de questions. Les discutions s’amorcent, les avis se partagent. Amis, parents, conférenciers, tout est bon pour élargir les données, glanées de ci de là, qui traînaient dans la mémoire.

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J’aime élargir mon point de vue. Ce faisant, j’essaye de le débarrasser du filtre de mon vécu afin d’analyser le sujet de ma curiosité le plus ouvertement possible. Tout ceci dans l’espoir de le faire passer d’un état brut à un état raffiné et complexe, « dénué des miens (! )».
Tout sujet demande ce cheminement naturel, mais il en est de très sensibles qui le réclament.

En voici l’un d’eux : l’érotisme.
L’érotisme est en soi une expression raffinée de la sexualité.
 On peut se passer d’humour pour vivre. On peut se passer d’érotisme et pratiquer la sexualité. La reproduction de l’espèce est induite par une succession de stimuli visuels, olfactifs, chimiques, perçus par nos sens, transmis à nos hormones et ainsi de suite jusqu’à l’acte d’accouplement (ceci en résumé ).
 
L’érotisme est au sexe ce que l’humour est à la réflexion. Cela aide mais on peut s’en passer.

Des études du comportement sexuel m’ont intéressée. Elles démontraient que l’envie sexuelle chez le coq se déclenche à la vue d’une poule mais également à la vue d’une photo de sa femelle. Dès lors ? le passage à l’acte n’étant pas lié à son envie mais au message l’y autorisant émis par cette dernière ( Ce qui semble être perdu de vue par certains humains et donne lieu au viol ). Revenons à nos coqs ; leur envie est stimulée à l’identique par la vue d’une photo ne représentant qu’un morceau de la poule, ce dernier n’étant pas forcément à caractère sexuel.
Ces mêmes études, réalisées sur l’homme, mettent en évidence un comportement similaire. Toutefois, une variante apparaît. D’après les tests,  l’apparition de signes lisibles d’excitation est étouffée par l’influence d’une morale rigide. Il se passe alors une sorte de « désapprentissage » de la programmation. Le besoin d’érotisme, pour raviver une pulsion réfrénée, s’avère être alors une sorte d’appropriation de sa programmation.
   
En me penchant sur l’érotisme, je constate que peu de femmes ont traité ce sujet en peinture. Comme si le raffinement de la sexualité par le graphisme était une « affaire d’homme ». L’érotisme de l’homme va souvent droit au but ( c’est le défaut de sa qualité) et lui est très personnel. Cela se résume dans beaucoup de cas à un étalage de sexe et non d’érotisme. Il est rare qu’une femme s’y reconnaisse. Pourtant l’homme est X.Y, il devrait donc aisément concevoir les deux concepts plus facilement que la femme qui n’est que X.X. Pour combler ce type de lacunes, et pour éviter que l’érotisme ne tourne en rond, il me semble nécessaire d’y apporter une touche féminine.

Pornographie vient de porne : courtisane, graphein : écrire. La suite de la définition prouve à quel point la morale d’une culture peut semer la confusion quant à la traduction d’un concept. Je vous la livre : littérature impudique, obscène, outrage aux bonnes mœurs (Larousse 1922.) Que je sache ; impudique, obscène, sont des qualificatifs. Comment peut-on qualifier quelque chose qui n’a pas encore été lu. -De quel droit dirige-t-on l’opinion avant même la lecture d’un texte ?- Et si l’impudeur était le contraire d’érotisme et que  le tabou naîtrait du besoin d’érotisme engendré par l’impudique ?
En quoi l’impudeur (inpudenda, in : sans et pudere : avoir honte) est-elle liée à l’obscénité (obscenus : de mauvais augure, qui doit être caché. Autres définition : ab devant scena : la scène) ? Voilà quelques mots et leurs interrogations qui soulèvent encore, au vingt-et-unième siècle, de grandes polémiques. Au départ, l’adjectif m’apparaît comme l’émergence brutale de l’incompréhension des forces vitales qui régissent et influencent notre comportement. Les qualificatifs sont à celui-ci ce qu’est le couperet à la justice, c’est à dire le moment où l’on juge et cesse de comprendre.
L’érotisme peut se passer de l’acte sexuel. Il peut être présent partout sans être choquant. Il est le résultat d’un long travail de maturation et de connaissance de soi, libéré des entraves morales et culturelles. Celles-ci l’ont inconsciemment appelé à se présenter sur le devant de la scène de notre sexualité pour pallier les frustrations qui ont engendré des blocages au niveau de nos pulsions les plus naturelles. Comme quoi un défaut peut engendrer une qualité. J’aime l’érotisme. Il est le fruit de notre imaginaire, utilisation optimale de notre pulsion de vie.

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