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La Magie de l’art


D’aucuns prétendent que l’illustration en général - et qui plus est, scientifique - n’appartient pas au domaine de l’Art avec un grand A.
L’Art est pourtant l’ultime recours après l’argument scientifique, pour transmettre  le genre de message que désire faire passer le directeur de ce musée et son équipe.

Intimement convaincu que l’art peut être didactique, Mr D. Cahen sait d’une part, que les strictes règles de muséologie limitent l’art dans des contraintes qu’au demeurant ceux qui se prétendent artistes refusent en masse ; d’autre part, il se heurte à l’opinion de ses propres  dessinateurs… !!!

Ceux-ci, en effet, ne sont pas intimement persuadés d’être des artistes. 
Certains illustrateurs conçoivent difficilement d’être perçus comme « artistes ». Leur travail ne peut être reconnu, à leurs yeux d’artisan, comme un art à part entière.

Ce curieux phénomène va même jusqu’à justifier leur refus de signer leur « œuvre ». (Ceci, pour ce directeur éclairé comme pour moi, ne fait que s’ajouter à la difficulté de faire reconnaître du monde artistique les vertus de l’illustration en tant qu’art ).
Personnellement signer un travail quel qu’il soit représente une réelle preuve d’humilité. Je respecte cependant leur conviction. Signer est, en effet, accepter la critique. Peut-être est-ce cela qu’inconsciemment ou non, ils veulent éviter…

Les contraintes imposées à cet art qu’est l’illustration touchent plus particulièrement l’expression de l’idée donc la composition plus que la technique. Ces dessins bien souvent ne s’attaquent pas à des  compositions complexes et se limitent à une excellente technique.  Telle est peut-être la raison pour laquelle le monde artistique les rejette. 

A mes yeux, cette composition se doit d’être cohérente, réaliste et lisible comme le serait un texte. C’est donc à la synergie entre composition et  technique, que revient le pouvoir de hausser l’expression de l’idée contenue dans la composition, à la dimension d’une œuvre d’art.

On tente d’exprimer le message que l’éthique scientifique interdit d’énoncer clairement par la sémantique des formes et des couleurs. En effet la science, si elle veut rester objective et crédible, se voit privée du droit le plus légitime : l’expression des sentiments et surtout de la prise de position. Elle peut cependant, par des artifices picturaux longuement mûris et réfléchis, induire une question dans le chef du spectateur, l’amenant ainsi à la réflexion et, dans le meilleur des cas, à une déduction en harmonie avec le message discrètement contenu dans l’exposé.

Lorsque je suis rentrée en muséologie, la fougue de ma jeunesse désireuse de servir la science - et l’éthique qui en découle - pour lutter entre autre contre la démolition de notre patrimoine naturel, cette fougue propre à la jeunesse et au tempérament artistique s’est vue contrainte de respecter le seul mode d’expression autorisé à la science.

Pas question d’utiliser des images percutantes telles que se le permet la publicité que j’ai servi parallèlement. Pas question non plus d’expressionnisme ou de compositions trop clairement engagées. Pas de parti prix ; pas de laisser aller à l’onirique ; pas non plus d’ésotérisme…pas de liberté pourrait-on dire.
Je ne serais pas aussi catégorique.

Les sujets que l’on me confie n’ont rien de plus particuliers que ceux attribués à d’autres. La seule chose qui diffère est probablement mon incapacité à supporter la perte de ma liberté d’expression.

Ceci induit inévitablement en moi une recherche effrénée de trouver le moyen de dire ce que je pense ou de traduire le sentiment ou la conviction ( que je partagerais ) du scientifique muré dans le mutisme respectueux de son étique.

En quelque sorte, la contrainte du respect de l’objectivité sans prise de position m’a grand ouvert  la porte sur une partie de moi-même que j’ignorais : la diplomatie. Celle-ci se résume en une question : comment dépasser ces contraintes imposées sans les trahir ?

Rentrer en muséologie m’a montré la voie de la  « diplomatie picturale ». Voie riche en possibilités malgré la typologie imposée. Elle n’exclut en rien le surréalisme, la poésie, le charme, la suggestion, le paradoxe, voire même le choc d’une image dont la dureté est sous-jacente,  « en-tenue et entre-tendue » plus que libérée et donc parfois plus troublante. Ce procédé est couramment utilisé par le théâtre qui, lui aussi, est limité dans les effets spéciaux.
Oui, l’art muséographique est limité en « effets spéciaux ». Telle est sa spécificité.

C’est dégagé de ceux-ci que l’Artiste se doit d’atteindre : La qualité. C’est par cette dernière qu’il se fera reconnaître du monde de l’art.
Curieusement, le grand publique considère, lui, l’illustration scientifique comme de l’art, sans se poser de question. En effet, lorsque cet art est abouti, il égale sans difficulté les arts les plus engagés. Il ne peut cependant pas se permettre de risquer un rejet, que des formes artistiques plus libres ou moins conventionnelles n’hésitent pas à provoquer. L’activité spécifique au musée des sciences entraîne un public particulier, désireux de s’instruire mais qui espère et s’attend aussi à y voir de « belles choses ».

L’esthétique, dès lors, étant notre seul recours pour faire passer un message, il est dommage de constater que cette contrainte génère une ségrégation de la part du monde artistique plus que des spectateurs. Comme si l’union de la « beauté » et du « message » annulait à elle seule la valeur artistique de l’illustration.

En dehors de l’illustration dont le message est la fonction, l’artiste est évidemment libre de ne rien vouloir imposer comme discours.
Cela ne l’autorise cependant nullement à voir dans le discours ou le message une quelconque faiblesse créative ou, pire, une trahison de l ‘art en soi. Le choix doit résulter d’une philosophie personnelle et non d’une peur, sinon d’une incapacité de laisser s’exprimer librement le moi profond. Certains artistes se retranchement derrière les règles de l’abstraction ou de la libre déformation du réel pour justifier cette incapacité.

« Le message », qui exige pour être perçu, à la fois une grande maîtrise technique et la clarté du discours, devient pour eux un infranchissable écueil. Ils ne peuvent alors que le nier en temps que valeur artistique.

Il y a pire ! La beauté elle-même fait l’objet d’un rejet confusionnel reposant sur les mêmes schémas réducteurs.

Il semble, en effet, que pour certains, elle soit par elle-même incapable d’assumer un message. Elle est « en soi » vide de sens. L’expressionnisme par exemple exclu une certaine forme de beauté. Mais il a ses raisons de le faire. Celles-ci sont intimement liées à une époque de crise et ne se justifient pas à tort et à travers. L’influence de ces (ses) écoles, comme des médiats qui dans certains cas sont restés focalisés sur cette « vision du monde », est ici prépondérante. Seul le drame, le tragique, l’horrible est devenu porteur de message. La beauté, la sérénité, la sagesse ne semble ne présenter qu’un intérêt secondaire, voire une tare artistique !

De là à en faire un dogme certains ont franchi le pas. D’autres, par contre, ont strictement le même comportement envers l’utilisation de la laideur.

Pour l’artiste comme pour le spectateur, jamais la beauté ne devrait induire l’absence automatique d’un message. Jamais la beauté ne devrait signifier « vide de sens ».

Elle peut à tout moment susciter une réaction, un besoin de lui correspondre ou de la préserver comme on chérit un joyau. Choquer n’est pas du ressort de la science, même si l’envie de le faire lui brûle les lèvres. C’est alors qu’on découvre qu’il n’y pas qu’un chemin pour amener une réflexion et le changement.
A chacun son métier, certes !

Mais n’est-ce pas de l’art que d’éveiller une prise de conscience ? L’art n’est-il pas dans tout ce que l’on réalise avec conviction, réflexion et intuition ?

J’étais donc la seule à avoir carte blanche pour exécuter mes travaux.

La rigueur est ma palette, mon intuition ma force, ma réflexion mes arguments. Le tout est mon art de dire ce que je pense.

Ne peut-on laisser coexister toutes les formes d’art ?
Faut-il vraiment exercer une classification réductrice ?
Faut-il rappeler que l’art tel que certains le réduisent n’a pu se développer qu’à l’apparition de la photographie ?
Doit-on rappeler qu’il est le résultat d’un long passé sous le joug de la commande et de ses contraintes ?
Que, sans elles, le « lâcher prise », en vogue depuis si peu de temps, n’existerait peut-être pas sous les mêmes formes d’expression. Formes où souvent ceux qui les pratiquent confondent style personnel avec manque de technique.

Doit-on souligner que l’on considère encore comme art celui de van Eijk ? Art de commande par excellence qui, en outre, illustre les désirs du commanditaire en dissimulant son propre message dans une symbolique précise décodée par les initiés.

L’artiste actuel se sentirait-il encore rejeté par ses pairs dès qu’il impose une expression individuelle qui s’écarte de la norme académique de son temps ?
Souffrirait-il encore de ne pas être le seul ?
En est-on encore à reproduire une quelconque ségrégation ?
N’est-ce pas le fruit d’un manque de maturité que de se rejeter entre artistes ?
 
Les vraies questions relatives à la classification en art ou non art ne sont-elles pas d’ordre personnel ?
Ne sont-elles pas à n’appliquer qu’à son propre travail ?
Ne serait-il pas plus judicieux de se demander si on a bien honoré les contingences de l’art ? A savoir : l’honnêteté de sa démarche, la conviction du choix du sujet et de la technique ; que celle-ci emprunte la voie instinctive du lâcher prise, de l’art pour l’art, de l’écriture automatique ou de la réflexion consciemment soutenue avec laquelle elle entre en symbiose et en synergie ?

L’art n’intime-t-il pas une éthique de vie qui reconnaît le droit à la diversité ?

Cette dernière est, me semble-t-il, la raison d’être de la plupart des artistes.
Se peut-il que l’artiste, dégagé du besoin d’exister par la reconnaissance des autres ait inventé une nouvelle forme d’art où le message primerait sur le fait d’exister ?
Vous remarquerez que, là, j’induis un rapport de valeur inhérent à ce genre de questionnement.

C’est pââââs bien…

Effectivement, ce n’est pas correcte. C’est excédée que j’en viens à utiliser ma diplomatie. Comme quoi une méthode  même utilisée dans un but positif peut semer la confusion et s’avérer négative.

Mon but n’est pas de demander que l’on reconnaisse que l’art peut être didactique ou, à l’inverse, que le didactique peut être un art. Ma quête se situe au-delà de ces considérations tant celles-ci révèlent, en somme, une diatribe dont les artistes qui la génèrent n’ont pas à être fiers.
Je ne supporte pas les classifications arbitraires qui résultent d’une intolérance subjective. J’aimerais que chacun se pose des questions au sujet de sa propre éthique artistique avant de définir si le voisin fait, oui ou non, de l’art.

Revenons à cette fameuse exposition qui dans le texte qui précède m’a servi de support pour développer mon opinion philosophique.  Nous avons vu qu’elle soulève en moi la question fondamentale : peut-on, en partant de l’illustration scientifique, traiter celle-ci avec toutes les exigences d’une écriture artistique tout en restant dans les règles imposées par l’éthique de la science ?

En quoi la démographie et l’environnement sont-ils liés au thème de l’exposition  « Tous parents tous différents »?
Ce thème soulève en fait plusieurs questionnements parallèles et reliés entre eux par des logiques dialectiques sous jacentes. Ainsi, outre le thème principal, à savoir : l’aberration du racisme dans la perception des sociétés humaines, un autre thème se devait d’être évoqué : il s’agissait de tirer la sonnette d’alarme quant au développement démographique incontrôlé et à ses effets sur notre environnement.

Si nous établissons la généalogie d’une personne, on constate que plus on remonte dans le temps plus ses aïeux sont nombreux. On obtient aisément - [ en représentation mathématique et non généalogique] - une pyramide dont la base (nos aïeux) est composée de centaines d’individus venant bien souvent de régions différentes. Il est facile dès lors d’imaginer que la masse démographique de nos ancêtres devait être plus importante que la nôtre. Il n’en est évidemment rien.

En réalité, nous avons tous des ancêtres communs.

Graphiquement, le diagramme généalogique se présente cette foi par une pyramide dite inversée, c’est à dire posée sur sa pointe, qui, devenue la base génétique, représente la souche commune contenant un nombre infime d’individus alors que le haut en contient des milliards. 

Quant à la progression du développement démographique, elle s’avère tragiquement exponentielle et aurait pour résultat « théorique » qu’en 2010 plus une seconde nous doublerions le nombre d’humains présents… la seconde d’avant.
Je rêve que cette théorie soit erronée comme le sont souvent les hypothèses  prévisionnistes qui ne peuvent tenir compte de tous les imprévus. En attendant, cette prévision se base sur des faits et doit être prise au sérieux faute de pouvoir lire dans une boule de cristal un meilleur augure.

Nous avons déjà connu par le passé des surpopulations mais celles-ci étaient d’ordre économique et ponctuelles dans le temps mais surtout dans le lieu. Celle que nous nous apprêtons à vivre d’ici peu sera d’un ordre beaucoup moins facile à endiguer. Cette surpopulation sera d’ordre écologique et mondiale. 
Le problème posé alors n’est pas tant le fait que notre terre mère ne puisse nourrir tout son  monde mais qu’elle ne puisse plus remplir sa naturelle capacité  à gérer les déchets engendrés par chacun d’entre nous. 

Si la vitesse de sédimentation  devient trop élevée dans le sang d’un être, elle révèle une déficience grave. Il serait logique de faire cette comparaison anthropomorphique au sujet de notre production de déchets sur terre. Tant que la vitesse à laquelle la terre peut les recycler reste proportionnelle à leur production, il ne doit pas y avoir de problème majeur. Je devrais plutôt dire : tant que la vitesse de production de déchets reste proportionnelle à la vitesse naturelle liée à leur absorption et recyclage par notre planète , il ne devrait pas y avoir de problème.

Ce n’est donc pas tant la démographie « galopante » qui est en cause mais bien la  gestion de la production disproportionnée de déchets non naturels par rapport à notre capacité de les détruire ou des les recycler  sans provoquer l’émission d’autres éléments toxiques.

Alors pourquoi montrer du doigt la progression démographie ?
- Probablement parce qu’elle est la partie visible de l’iceberg et la plus importante manifestation de notre impuissance à définir la source des problèmes à gérer.
On se trompe d’objectif en tentant d’appliquer des solutions à de faux problèmes. Celle-ci font souvent preuve d’ingéniosité et rendent nos confusions d’autant plus navrantes. Paradoxe quand tu nous tient !

Ainsi la démographie galopante apparaît comme le bouc émissaire qui cache la réalité d’un problème d’abord socioculturel, à savoir : notre mode de vie.
Revenons à la progression exponentielle.
Elle existe par elle-même. Cette évolution alarmante doit aussi son existence à quelques qualités de l’espèce humaine. Physique d’abord :  naissant inachevé l’humain se doit de développer des artifices lui permettant de vivre dans un milieu auquel il n’est pas idéalement adapté.
Cela augmente ses capacités mentales et le pousse au sommet de la pyramide des prédateurs visibles. Cette intelligence est encore exacerbée par les prédateurs non visibles que sont les virus, microbes et autre petites bêtes. Ceux-ci stimulent l’intelligence de l’être humain obligé d’assurer sa survie et celle de son espèce. Sauver des vies fait partie de notre potentiel positif et négatif.
En effet, en réduisant ( fort heureusement) largement les effets d’une régulation naturelle des naissances, l’homme se voit à long terme promu au rang d’auto prédateur. La mortalité infantile réduisait le risque de surpopulation. Loin de moi l’idée de la laisser se réinstaller ou de laisser mourir sans soins des êtres que la science pourrait sauver [je suis contente qu’on ait eu la peau des dictateurs qui rêvaient de ce genre de méthode]. La solution la plus immédiate qui réponde actuellement au vrai problème, à savoir : la production de déchets, est le contrôle du nombre de naissance.

Plusieurs facteurs importants entravent cette prise de conscience. A commencer par les religions chrétiennes, juives et islamiques qui, jadis, pour lutter contre le danger de diminution de la population, eurent la bonne idée d’exhorter leurs ouailles à procréer à outrance (croissez et multipliez). La mortalité infantile se chargeait d’éliminer une partie des enfants en surnombre.

Ok, ce n’est pas drôle ! Le système de pension mis en place par les sociétés industrielles permit à celles-ci d’y remédier de facto en induisant qu’une reproduction dépassant deux enfants devenait inutile sinon absurde.
Les religions ne sont pas des philosophies. Elles n’évoluent pas avec leur temps et ne s’adaptent pas aux nouvelles conditions humaines. Résultat : la coutume de procréer reste en vigueur chez les pratiquants. « Moralement » ils se doivent d’être légion pour porter la parole de leur Dieu.

Autre facteur : notre programmation génétique, laquelle obéit aux pulsions naturelles de reproduction à fin d’assurer la survie de la « Vie », plus qu’à celle de l’espèce.  Or celle-ci, ne s’adapte pas plus que la religion aux changements artificiels de notre monde moderne qui rend son acharnement, jadis salutaire, aujourd’hui dangereux. 

A ces facteurs on peut en ajouter deux autres non négligeables, Le premier d’ordre socioéconomique. Il concerne les régions du monde dites sous-développées parce qu’elles sont restées rurales et ne peuvent participer à l’essor industriel des nations les plus riches. Ce déséquilibre culturel et économique pousse leurs citoyens à se reproduire afin de disposer d’une main d’œuvre gratuite qui assure la production de nourriture nécessaire à leur survie. Le deuxième facteur, d’ordre politique, renforce le précédent. En effet, le mot pension encore inconnu et loin d’être envisagé par les autorités en place, redouble la nécessité pour les mêmes citoyens, de s’entourer pour assurer les vieux jours.

Si l’on additionne tous ces facteurs qui font pencher dangereusement la balance du côté d’un déséquilibre démographique, le résultat est alarmant. La terre peut certes tous nous accueillir. Quatre vingt pour cent de sa superficie resteraient inoccupés. 
On peut donc envisager l’expansion démographique comme possible, mais on ne peut simultanément espérer conserver notre façon de vivre qui ne tient que trop peux compte des capacités réelles de la planète à absorber toutes les contingences qui en découlent.  Nos envies régissent d’avantage nos comportements que nos besoins existentiels et nous engluent dans la nécessité de produire pour rentabiliser.

Le problème n’est pas simple. Les systèmes mis en places, jusqu’à présent, ont permis de vivre mieux sans grand luxe ni confort pour beaucoup. Ils sont certes à revoir et à améliorer. Passer d’un mode de vie en désaccord avec la nature mais porteur d’envies -  ou de faux espoirs pour les plus démunis - à une éthique de vie tout autre, qui respecterait la nature, sous-entend des changements profonds tant au niveau des besoins physiques qu’au niveau des mentalités politiques, religieuses, économiques qui régissent encore nos comportements aux noms de dogmes absolus, d’avantage adressés à nos âmes qu’à notre intelligence.

Permettre à la vie de continuer à se reproduire exige cependant de tels changements. On n’y est pas prêt ! Alors « haro sur le baudet » ! Sus à l’ennemi ! Quitte à se tromper de cible, on s’en prend à la surpopulation.

Je ne pense pas fabuler en disant que tout ceci les scientifiques chargés de l’exposition « Tous Parents, Tous Différents » le savent. Mais que faire ?

Ils ne peuvent prendre position sur des sujets religieux, politiques…  On me confie donc le soin de traiter l’épineux sujet à l’artiste que je suis en lui fixant les règles du jeux mais surtout en lui donnant un thème suffisamment vaste et peu défini pour qu’il puisse risquer d’exprimer discrètement ce que le scientifique ne peut dire.

L’art rentre au musée, diplomate-explosif, incontournable. Il est secrètement bon de le laisser faire, quitte à le protéger en cas de contestation des autorités touchées par le pinceau.

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