blason Carole Dekeijser Artiste-Peintre et Philosophe

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Les codes dans l’Art

Les codes, parlons-en ! Je voudrais que l’on se pose une question à ce sujet : d’où vient qu’il faille des romans à certains, et à d’autres leur simple culture, pour que l’on s’esbaudisse devant l’ingéniosité d’un Léonard à truffer ses œuvres d’un symbolisme que nous pensons être élitiste et décodable uniquement par les initiés de cette famille d’intellectuels ?

D’où vient que l’on jubile de plaisir ou que l’on se plonge avec délectation, les sourcils froncés et le teint pâle, dans la réflexion et l’analyse de la subtilité de l’esprit de Jan, pour décoder les messages subliminaux que l’on pense n’être destinés qu’à traverser les siècles pour éclairer la descendance sur les faits et gestes, ainsi que sur la conception morale et religieuse de l’époque ?

Imaginez : Replongez-vous dans le contexte. L’ambiance feutrée d’un cabinet discret d’une maison de Bruges, la femme de Jan penchée sur son épaule ; ou encore, un luxueux salon dans le palais de son protecteur Philippe le Bon, duc de Bourgogne.
Jan incliné dans une respectueuse révérence devant le duc qui, cambré vers l’arrière, les poings sur les hanches, s’esclaffe :
- M’enfin, Jan (Jan Van Eyk s’entend) avec quoi tu viens ? Tu dors la nuit, toi ? ou encore : mais où vas-tu chercher toutes ces idées ? Ou encore :
- Mais cesse de te prendre la tête avec tout ça !

Avouez que ce serait drôle et lamentable à la fois.
Or, ce sont bien là les réflexions déguisées sous forme de questions que les peintres actuels subissent dès qu’ils se mettent à réfléchir à autre chose qu’à eux-mêmes, ou à traduire autre chose que la beauté de l’architecture mosane, ou celle de la nature environnante.

Ceci dit, je n’ai rien contre ces sujets de peinture. La question n’est pas là.

Ces questions-réponses pleuvent également dès que l’on quitte le lâcher prise de l’écriture automatique, ou l’expression instinctive des profondeurs de notre âme qui, bien sûr, "se doit d’être tourmentée". Elles surviennent aussi dès que l’on aborde une quelconque explication d’un message, qu’au demeurant, si l’on n’avait pas perdu l’habitude de lire l’art comme on le faisait jadis, on aurait pu décoder sans peine.

Cela donne à réfléchir, non ? Mais à réfléchir à quoi, au fait ?

Est-ce sur la conception de l’artiste par le public, ou de l’artiste à ses propres yeux, ou sur ce que cette conception traduit de l’état de notre évolution ? Ou sur le positif que comporte ce refus de voir en l’artiste la possibilité d’être autre chose que le chroniqueur inconscient de l’âme humaine ?

J’éprouve bien des difficultés à saisir où se situe la bonne question, je vais donc aborder la première. Historiquement elle se comprend, mais humainement elle nous ramène immanquablement à la deuxième, et conjointement à la troisième.