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L'Utopie

 


Tableau figuratif intitulé "L'Utopie"

 


 Par d'étranges mutations, certains dinosaures ont pris leur envol pour former la famille des oiseaux. L'ossature et le principe du squelette pneumatisé des volatiles le prouvent.
A force de dessiner les uns et les autres pour les scientifiques de l'Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique, je me suis mise moi aussi à rêver à d'extravagantes mutations qui créeraient une race d'homme volant.
Devant ma toile, j'ai créé une femme-insecte dont l'anatomie aurait quelque chose de cohérent tout en restant totalement irréaliste.
Ma profession d'illustratrice scientifique m'a permis d'avoir accès à une importante documentation.
J'ai casqué ma femme mutante d'un Phanaeus Imperator  remanié que j'ai équipé de pinces de Pandinus Imperator, les attaches dorsales des ailes sont de lointaines inspirations de celles des Phrictus Diadema.
Les ailes diaphanes inspirées des coléoptères sont trop fragiles pour pouvoir l'emmener dans quelques septièmes ciels et pourtant, son regard volontaire mais inquiet le prouve : elle va s'élancer du haut de falaises de son imaginaire à la poursuite du rêve mortel d'Icare.
Tel est l'Humain .
Peu lui chaut de savoir qu'elle s'attaque à l'impossible, elle se lancera à la conquête des mondes inaccessibles quel qu'en soit le prix.
L'Homme du néolithique pouvait-il imaginer que ses descendants marcheraient sur la Lune, ambitionneraient de conquérir Mars et chercheraient à posséder les secrets de l'univers ?
L'extraordinaire intelligence de l'Homme, qui lui permet de prendre un maximum de risques quitte à se détruire ainsi que la totalité de sa race, est fascinante de contradictions.

Rien ne lui semble impossible ! Dans les mythologies, il s'est mesuré aux dieux les plus redoutables.
Rien ne lui semble impossible ! C’est, dans bien des cas, le fruit de son éducation, que celle-ci l’y ai préparé ou qu’elle ai semé en lui la graine de « l’arrogance » (ad-rogare : demander vers, exiger), terme admirablement approprié à ce comportement de rébellion que justifie une pratique aberrante de l’humilité.

On peut réaliser tant de choses lorsqu’on a confiance en soi.

Comme je l’ai déjà exposé, l’humilité pour moi serait de reconnaître ses qualités et surtout de les assumer. Or, il semble que dans notre éducation, l’humilité consisterait principalement en une sorte d’auto-flagellation permanente ; en une comptabilisation minutieuse de ses lacunes. Certaines éducations associent à la faute la reconnaissance de ses qualités. Une fois mortifiés et dénigrés, certains se sentent apparemment mieux pour continuer leur devoir mais l’accomplissent avec tant de difficultés et de lourdeurs qu’il en devient insoutenable. D’autres, après cette pratique aberrante, ont les ailes coupées. Comme je les comprends ! C’est dans l’optique de mettre ce paradoxe en évidence que j’ai nanti ma mutante d’ailes aussi fragiles. On peut se lancer dans la vie avec un sentiment de qualités insuffisantes, pourtant, en retirer un maximum donne naissance à ce que d’autres, apparemment mieux nantis mais englués dans l’autocensure, qualifieraient d’impossible à réaliser.
Rien ne dit, dans ce tableau, que cette mutante réussira ou échouera. Cette fin est laissée à votre choix. En général, ce dernier sera davantage fonction de vos croyances que de votre réflexion. Ne dit-on pas : « Heureux celui qui croit sans voir »
Une solide carapace protège les membres et le dos de mon personnage. Elle découvre les articulations et le torse. Toute manière de se protéger recèle ses points faibles. Une protection totale figerait la capacité d’action. Le torse dénudé vise à féminiser le sujet, à le sexuer, non pour jouer sur la notion de fragilité liée à la féminité, mais parce que les utopies de la femme lui sont propres.   
Pas de représentation figurative de la falaise d’où elle va s’élancer ; pas plus d’allusion aux deux dimensions propices à l’ébauche d’un paysage qui servirait de référence pour se faire une idée, même vague, du contexte dans lequel est né ce désir d’envol.
Rien, le néant, dessous et autour du personnage. Je ne voulais rattacher à l’idée d’utopie aucune histoire. Je veux que ce sujet reste libre et universel. A mon sens, RIEN mieux que l’inconscient ne peut imager un contexte proportionnel aux aspirations, doutes et craintes contenus dans l’histoire de chacun. Nous avons tous un jour franchi les limites de notre « raisonnable » ; ceci, consciemment ou non, dans des proportions variant en fonction de nos capacités réelles et non de celles qu’on s’imagine posséder.
L’utopie reste utopie lorsqu’on dépasse ses capacités par sur-estimation ou par sous-estimation du problème à résoudre. Sinon, elle devient réalité.
En bref, faute d’un jugement adéquat, l’utopie prend la place de ce qui, en fin de compte, n’est qu’une réalité incluse dans le domaine de notre possible.
Il est heureux que, souvent, on ne sache pas qu’une chose est irréalisable car il est probable que, grâce à cela, on se lance dans l’aventure.

L’impossible d’aujourd’hui est le possible de demain. Alors…à nos rêves !    
L’homme est, de nature, un "conquérant-inconscient" conscient .
C 'est en cela que je l' aime